« A Walk in the Direction of the Eternal | Main | Le « Hook » »

Sunday, 30 April 2006

Petit Lot, Grand Aventurier

Je m'appelle Petit Lot. J'ai huit ans et je suis aventurier. Il y a longtemps, quand j'avais sept ans et demi, mon grand frère me laissait jouer avec lui et ses copains dans leur jeu de rôle. Dans un jeu de rôle, on devient les héros dans un monde fantastique. On explore les donjons dangereux et souvent en ruines. On rencontre les monstres vicieux qui gardent le trésor. On leur tape dessus jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent et on leur pique le trésor. Les héros sont gentils et les monstres sont méchants. C'est pour ça qu'il faut leur taper dessus jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent.

Ce jour-là, c'était la première fois que je jouais. J'étais magicien. C'est le magicien qui porte le chapeau pointu et qui lance des sorts dans tous les sens. Mon grand frère, lui, voulait que je sois guerrier. « Parce que c'est plus facile pour un débutant, » il m'a dit.

Mais moi, je voulais vraiment être magicien. « Parce que j'aime bien porter le chapeau pointu et lancer des sorts dans tous les sens, » je lui ai dit.

Il n'a pas été convaincu tout de suite. J'ai dû lui expliquer que j'étudierais le livre de la magie le jour et la nuit, que je m'entraînerais à tous les tours très mystérieux jusqu'à en tomber d'épuisement, et que j'apprendrais tous les sorts par cœur. Enfin bref, que je serais le meilleur magicien qui ait jamais porté le chapeau pointu.

« D’accord, » il m'a dit, « mais tu ne râles pas quand tu t'ennuis parce que tu n'a plus de sorts. »

J'étais OK avec ça. Je ne voyais pas comment je pouvais m'ennuyer quand je suis magicien. Car, si je n'ai pas envie de lancer un sort, je peux toujours discuter avec mon familier. Tous les magiciens ont un familier avec qui ils peuvent parler. Moi, j'avais un grand corbeau comme familier. Je l'ai nommé « Croâ, » d'après le cri qu'il pousse de temps en temps.

Mon grand frère, il est maître de jeu. C'est le maître de jeu qui installe tous les monstres et tous les trésors dans le donjon. C'est lui aussi qui jette les dés derrière le rideau où on ne peut pas les voir. Comme ça, on n'a aucune idée de ce que va nous arriver.

« Vous êtes dans une taverne... » il a dit, mon grand frère.

Il faut dire que toutes les aventures commencent dans une taverne. C'est là qu’on trouve le « hook » pour l'aventure. On discute avec les paysans et on boit de la bière comme les grands. Le hook, c'est la raison pour laquelle on décide d'y aller, dans le donjon, même si c'est dangereux et souvent en ruines. Parfois, c'est un paysan qui nous donne le hook. C'est pour ça qu’on discute avec eux et qu’on boit de la bière comme les grands. Vraiment, boire de la bière, ce n'est pas obligatoire, mais on aime bien faire les choses comme les grands.

C'était là, dans la taverne, que j'ai rencontré Aumeraud et Devrac, mes compagnons d'aventure. Aumeraud, il est coureur de bois. C'est le coureur de bois qui suit les traces des bêtes dans la forêt et qui peut survivre facilement pendant des jours et des jours ne mangeant que de l'herbe et des glands. Devrac, il est barbare. C'est le barbare qui s'habille en pagne et qui se bagarre avec une hache énorme.

« C'est quoi le nom de la taverne ? » j'ai demandé.

« Peu importe, » il m'a répondu, mon grand frère.

« Mais oui, » j'ai insisté. « Je dois savoir le nom de la taverne pour m’en servir dans la formule du sort que je vais lancer. »

« Tu ne vas pas lancer un sort maintenant, Petit Lot. »

« Si, si, je vais lancer un sort ! » j'ai crié.

« Pour quoi tu veux lancer un sort dans la taverne ? » il a demandé. Je connais très bien mon grand frère, et j'ai senti qu'il commençait à s'énerver en peu.

« Je vais lancer un sort qui change le nom de la taverne si ce n'est pas un beau nom ! »

Mon grand frère a fait un gros soupir. Il m'expliqué que le nom de la taverne n'avait rien à voir avec l'aventure et qu'il ne faut pas perdre de temps à discuter de ça. Mais après, il m'a laissé choisir le nom de la taverne. Il est un bon maître de jeu, mon grand frère.

« Voilà, » il a continué. « Vous êtes au Grand Cor de la Licorne.... »


Merci à Catherine, ma muse et mon épouse, pour mille fois mille choses. Entre autres, elle a fait quelques corrections dans le texte. Ceux qui ont vu le premier brouillon savent que c'était un sacré travail !

Wakeling knowledge base

Blog powered by TypePad